Wild Wonder story
Bo et la Course au Ciel
Un écureuil curieux nommé Pip met une toute jeune pousse de bambou au défi de le rejoindre au sommet des arbres — sans se douter que, dès le lendemain matin, elle aura déjà perdu la course.
Une pousse après la pluie
Après trois jours de pluie douce, une petite pointe brun doré perça le sol couvert de feuilles d'une bambouseraie tranquille. Pip l'écureuil, occupée à chercher des glands secs, faillit trébucher dessus. « Eh bien, bonjour toi, dit-elle en s'accroupissant. Tu es toute nouvelle. » La petite pousse ne répondit pas — pas encore — mais elle frémit quand le soleil du matin la toucha pour la toute première fois.
Le défi quotidien de Pip
« Je parie que tu ne seras pas plus grande que cette fougère demain », taquina Pip, en plantant une petite brindille pour marquer l'endroit. « On fait la course jusqu'en haut, petite pousse ! » Un léger bruissement lui répondit — le tout premier bonjour chuchoté de la pousse. Pip sourit et promit de revenir vérifier dès le lendemain matin, déjà certaine de connaître la gagnante.
Un mètre de plus en une nuit
Quand Pip revint en courant au lever du soleil, elle s'arrêta net et resta bouche bée. La fougère n'avait pas bougé d'un centimètre — mais la petite pousse se dressait désormais plus haute que Pip debout sur ses pattes arrière, verte et fière au-dessus de la brindille repère. « C'est impossible ! » souffla Pip, tournant en rond autour de la tige. « Tu as poussé presque aussi haut que le grand arbre de maman, et tout ça en une seule nuit ! »
Le secret de Grand-mère Bambou
Un vieux bambou grand et argenté craqua et se balança tout près, ses tiges cliquetant comme des carillons. « Ce n'est pas un tour de magie », dit Grand-mère Bambou avec un rire doux. « Chaque section dont la jeune Bo avait besoin était déjà rangée à l'intérieur d'elle, pliée bien à l'étroit, comme une longue-vue qui attend de s'ouvrir. La pluie n'a fait que la remplir, et chaque partie s'est dépliée presque toute seule, presque d'un coup. » Pip pencha la tête, essayant d'imaginer une plante qui grandit non pas en fabriquant quelque chose de neuf, mais en dépliant ce qui était déjà là depuis le début.
Des anneaux qui se souviennent
Les jours passèrent, chauds et pluvieux, et Bo continua de se déplier vers le haut jusqu'à ce que sa pointe touche enfin la trouée ensoleillée de la canopée. Pip grimpa à côté d'elle et découvrit des anneaux pâles tout le long de la tige, l'un après l'autre, comme les barreaux d'une échelle. « Chaque anneau est un petit souvenir », chuchota Bo, ses feuilles bruissant doucement dans la brise. « Un endroit où je me suis repliée, puis où je me suis ouverte. » Pip posa une patte sur l'anneau le plus proche et sourit, se demandant déjà ce qu'elle voudrait atteindre, si elle pouvait un jour grandir aussi vite, ne serait-ce que pour une journée.